La glace arctique 2010
(Par Wayne Davidson, observateur de la météo basé à Resolute)
Depuis 1998, les glaces de l’océan arctique s’amincissent appréciablement, spécialement d’une façon visuelle et surtout graduellement chaque année qui passe.
Depuis 1985, alors que je commençais à l’observer, cette glace a beaucoup changé et n’est plus reconnaissable du tout : elle est beaucoup plus mince (selon les cartes de la NASA ci-contre et les journaux scientifiques) et cette perte de glace épaisse aura pour conséquence une hausse des températures de surface, ce que l’équipe Under The Pole étudie en partie aujourd’hui.
Cette année durant la période de grand froid à la mi-février 2010, la glace est apparue extrêmement non consolidée, déjà parsemée de « leads ». En effet, nous avons eu des températures bien trop hautes pour la période ce qui n’a pas arrangé l’état de la banquise. Puis, il a de nouveau fait froid vers la mi-Mars, au moment propice pour l’équipe, et cela a alors beaucoup consolidé la glace.
Aujourd’hui, la situation est différente, beaucoup d’air chaud arrive du sud, le soleil monte de plus en plus et donc tout change de nouveau :
Ils évoluent sur un nouveau terrain de glace plus que jamais fracturé, imposant des problèmes logistiques plus fort au gré des vents, de la marée, du momentum de la glace et des courants océaniques. Depuis que je suis ici, je n’avais encore jamais vu des températures comme celles que nous avons ces jours-ci : il fait de nouveau bien trop chaud.
Cette météo est favorable pour l’instant pour la qualité de vie des personnes qui sont sur la banquise mais extrêmement défavorables pour la glace : elle va être de plus en plus dynamique, bougé considérablement et ça va devenir de plus en plus difficile pour eux d’aller très loin.
Ces grandes hausses de températures vont donc imposer prochainement à tous ceux qui se sont aventuré sur une glace polaire de ralentir considérablement et de se préoccuper des options logistiques restantes.
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